Conseils de lecture

FINIR L'AUTRE

Arnal

Chemin de fer

14,00
par
3 décembre 2019

"Je trouve ça époustouflant, cette expérience qui ne ressemble à aucune autre"

[Librairie Le Neuf, Saint-Dié-des-Vosges]

Bon, j’ai eu le temps de me poser que pour lire un seul chapitre pour le moment,

(note : j’en ai lu plus depuis l’écriture de ce mot, et je confirme ce qui va suivre, ainsi que le génie artistique de Justine Arnal),

et y a rien à faire, il y a vraiment des gens qui ont l’art de faire de l’art qui ne ressemble à aucun autre. Tout en évoquant des tonnes de choses. Tout en faisant appel à des ressentis propres à chacun et ô combien universels. J’aime cette richesse de la langue, cette puissance poétique, cette aisance à fabriquer des images et à les rendre accessibles et surtout, la place laissée à l’imaginaire du lecteur.

Je crois que je n’ai jamais lu de livre dans lequel l’imaginaire est à ce point complémentaire du texte. Et je trouve ça époustouflant, cette expérience qui ne ressemble à aucune autre. Il ne peut y avoir de bonne ou mauvaise interprétation du texte, des maux et joies, des mots. Chacun est matière à réflexion et à évasion. J’ai hâte de lire la suite. Hâte de le faire durer.


Dans la forêt

Sarbacane

24,50
par
4 septembre 2019

"D'une crédibilité perturbante."

Il ne reste plus rien. Plus d'électricité. Plus d'humanité. Seuls subistent une nature qui reprend ses droits, des hommes redevenus des bêtes, une humanité affamée, assoiffée de vie. Dernières survivantes de leur famille, déchirées, Eva et Nell apprennent à se reconstruire et à construire, cernées par les fantômes qui les hantent. Tendre et effrayant, servi par des traits d'une réelle douceur, ce conte d'anticipation est d'une crédibilité perturbante.


L'Âge de la lumière
23,00
par (Libraire)
27 août 2019

Un éblouissement

Lee Miller était belle, libre, talentueuse, passionnée et bien plus encore. Mannequin pour Vogue avant de passer à son tour de l’autre côté de l’objectif, elle fut l’une des premières femmes reporters de guerre.
Son histoire d’amour avec Man Ray, à la fois fabuleuse et terrible est superbement restituée dans ce roman. Un destin extraordinaire, une vie vécue à 200%, une femme qui suscite respect et admiration…
A travers le portrait de cette femme incroyable, c’est toute l’époque du Paris des surréalistes et de la seconde guerre mondiale que l’auteur fait revivre.
Un roman dans la lignée de Mina Loy, éperdument de Mathieu Terence ou de Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant, des romans biographiques-pépites !


Olya

Louyot, Michel

Ateliers Henry Dougier

19,00
par (Libraire)
23 août 2019

Du Pays du Soleil levant à l'âme slave

Olya rassemble tous les thèmes chers à l’auteur: les liens entre Orient et Occident, la grande Histoire et les destins individuels, la puissance des rencontres, les liens intergénérationnels, tout ce qui construit une personne ou au contraire, peut la détruire, tout ce qu'il faut de déconstruction pour s'apprendre... L'individu dans ce vaste monde, aux prises avec les aléas historiques et ses méandres psychiques.
Il y a aussi cette réflexion constante sur le travail de la mémoire, mémoire collective, et mémoire personnelle, faite de souvenirs réels et de fantasmes, ce jeu psychanalytique passionnant.
Yin et yang permanent, de l'infiniment grand à l'infiniment petit, du collectif au privé, d’Est en Ouest, du conscient à l'inconscient, du féminin au masculin, de "l'être au non-être" pour reprendre les mots de l’auteur.

De quelle manière notre monde nous façonne, de la cellule familiale à la grande cellule du pays d’où l’on vient, dans lequel on grandit ("cellule", base de toute vie, mais aussi prison..). Ce que naître à un moment précis, en un lieu particulier fait de nous. Comment nous sommes inextricablement habités par le passé, le présent et le souci de l'avenir...

Toutes ces polyphonies qui résonnent / raisonnent en nous quand elles ne sont pas cacophonies qui déraisonnent...

J'ai été saisie en lisant des passages que j'avais la sensation d'avoir déjà lu dans les romans précédents de l’auteur. C'est assez fascinant de voir comment certaines images, certains mots, certaines expressions font retour, ritournelles obsédantes. Qu'est-ce qui nous habite, nous hante à ce point? Question fascinante qui taraude lecteurs et écrivains.

De l’écriture de Michel Louyot aussi, il y aurait beaucoup à dire, sa forme classique (au sens noble du terme) dans le maniement de la langue mais plus encore, cette obsession pour la forme interrogative. Peut-être parce que cesser de se questionner c'est abdiquer?


La Maison
21,00
par (Libraire)
22 août 2019

révélation rentrée littéraire!

Le thème de ce roman pourrait choquer, rebuter ou diviser … En effet, il est question de prostitution, de sexe, de corps mais taratata pas de chichi, inutile de se voiler la face, c’est un fait, ça existe, c’est même le plus vieux métier du monde si l’on en croit l’adage !
Et puis la force de la littérature ne réside-t-elle pas dans sa capacité à tout dire mais à le dire bien ? Si tel est le cas, alors le contrat est respecté ! Pour commencer, sachez que vous allez rire à gorge déployée autour de certaines scènes cocasses. Et derrière ces rires, Emma Becker donne matière à réflexion. Inévitablement, vous allez vous interroger et repenser votre rapport à « ce milieu-là », à ces femmes, aux rapports entre les hommes et les femmes de manière générale. Au fond, ce n’est pas un livre sur la prostitution, c’est un livre sur les hommes et les femmes, c’est un livre qui aime les corps et les âmes qu’ils soient beaux, abîmés, pervertis. Il y a moins d’amour et d’humanité dans les romans qui se revendiquent comme tels que dans ce roman où une femme fait la pute…