Conseils de lecture

L'Âge de la lumière
23,00
par (Libraire)
27 août 2019

Un éblouissement

Lee Miller était belle, libre, talentueuse, passionnée et bien plus encore. Mannequin pour Vogue avant de passer à son tour de l’autre côté de l’objectif, elle fut l’une des premières femmes reporters de guerre.
Son histoire d’amour avec Man Ray, à la fois fabuleuse et terrible est superbement restituée dans ce roman. Un destin extraordinaire, une vie vécue à 200%, une femme qui suscite respect et admiration…
A travers le portrait de cette femme incroyable, c’est toute l’époque du Paris des surréalistes et de la seconde guerre mondiale que l’auteur fait revivre.
Un roman dans la lignée de Mina Loy, éperdument de Mathieu Terence ou de Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant, des romans biographiques-pépites !


Olya

Louyot, Michel

Ateliers Henry Dougier

19,00
par (Libraire)
23 août 2019

Du Pays du Soleil levant à l'âme slave

Olya rassemble tous les thèmes chers à l’auteur: les liens entre Orient et Occident, la grande Histoire et les destins individuels, la puissance des rencontres, les liens intergénérationnels, tout ce qui construit une personne ou au contraire, peut la détruire, tout ce qu'il faut de déconstruction pour s'apprendre... L'individu dans ce vaste monde, aux prises avec les aléas historiques et ses méandres psychiques.
Il y a aussi cette réflexion constante sur le travail de la mémoire, mémoire collective, et mémoire personnelle, faite de souvenirs réels et de fantasmes, ce jeu psychanalytique passionnant.
Yin et yang permanent, de l'infiniment grand à l'infiniment petit, du collectif au privé, d’Est en Ouest, du conscient à l'inconscient, du féminin au masculin, de "l'être au non-être" pour reprendre les mots de l’auteur.

De quelle manière notre monde nous façonne, de la cellule familiale à la grande cellule du pays d’où l’on vient, dans lequel on grandit ("cellule", base de toute vie, mais aussi prison..). Ce que naître à un moment précis, en un lieu particulier fait de nous. Comment nous sommes inextricablement habités par le passé, le présent et le souci de l'avenir...

Toutes ces polyphonies qui résonnent / raisonnent en nous quand elles ne sont pas cacophonies qui déraisonnent...

J'ai été saisie en lisant des passages que j'avais la sensation d'avoir déjà lu dans les romans précédents de l’auteur. C'est assez fascinant de voir comment certaines images, certains mots, certaines expressions font retour, ritournelles obsédantes. Qu'est-ce qui nous habite, nous hante à ce point? Question fascinante qui taraude lecteurs et écrivains.

De l’écriture de Michel Louyot aussi, il y aurait beaucoup à dire, sa forme classique (au sens noble du terme) dans le maniement de la langue mais plus encore, cette obsession pour la forme interrogative. Peut-être parce que cesser de se questionner c'est abdiquer?


La Maison
21,00
par (Libraire)
22 août 2019

révélation rentrée littéraire!

Le thème de ce roman pourrait choquer, rebuter ou diviser … En effet, il est question de prostitution, de sexe, de corps mais taratata pas de chichi, inutile de se voiler la face, c’est un fait, ça existe, c’est même le plus vieux métier du monde si l’on en croit l’adage !
Et puis la force de la littérature ne réside-t-elle pas dans sa capacité à tout dire mais à le dire bien ? Si tel est le cas, alors le contrat est respecté ! Pour commencer, sachez que vous allez rire à gorge déployée autour de certaines scènes cocasses. Et derrière ces rires, Emma Becker donne matière à réflexion. Inévitablement, vous allez vous interroger et repenser votre rapport à « ce milieu-là », à ces femmes, aux rapports entre les hommes et les femmes de manière générale. Au fond, ce n’est pas un livre sur la prostitution, c’est un livre sur les hommes et les femmes, c’est un livre qui aime les corps et les âmes qu’ils soient beaux, abîmés, pervertis. Il y a moins d’amour et d’humanité dans les romans qui se revendiquent comme tels que dans ce roman où une femme fait la pute…


Baïkonour
18,00
par (Libraire)
22 août 2019

Un peu de douceur....

Un joli roman d’amour, une quête de sens et de soi. Après « Les déraisons », Odile d’Outrelmont nous enchante à nouveau avec ce deuxième roman, dans lequel, au malheur et au deuil répondent toujours l’amour et le refus de renoncer !
Une belle histoire pleine de charme qui fait chavirer les bateaux et les cœurs.


VIDALINA

Navarrete William

Collas

21,00
par (Libraire)
20 août 2019

« Vidalina », titre du dernier roman de William Navarrete, auteur cubain résidant en France, est aussi le prénom de cette femme prise dans le « siège insondable de l’histoire » de Cuba. Vidalina est l’arrière-grand-mère d’Elba, qui tente de quitter l’île pour rejoindre ses enfants exilés aux Amériques. Nous sommes en 2006. Pour quitter La Havane, Elba veut profiter d’une loi surnommée « loi de récupération de la mémoire historique » qui permet de récupérer la nationalité de ses parents ou grands-parents de nationalité espagnole et ainsi quitter le pays. Cette loi est pour l’auteur un prétexte à remonter le fil de « son » histoire à travers plusieurs générations d’hommes et de femmes, de 1868 à 2010. On alterne ainsi les chapitres du roman d’une époque à l’autre.
Vidalina Ochoa Tamano avait été bannie et déportée sur l’île des Pins en 1868 où « d’après la rumeur, elle avait tué un officier espagnol ». Etait-ce la véritable raison de ce bannissement ? Y-avait-il une autre raison ? « En tout cas, elle n’avait pas dû être une femme ordinaire, plutôt une héroïne parmi les milliers d’autres que les guerres ont anéanties sans que personne ne les rachète jamais, l’une des milliers de femmes dévouées que l’histoire a effacées comme si elles n’avaient jamais existé… »
L’auteur redonne vie à l’ensemble de ces femmes d’origines cubaines qui ont mené le combat contre les guerres et les oppresseurs (d’Espagne et des Amériques). La vie n’est pas un long fleuve tranquille, là non plus … mais William Navarrete sait donner à ses personnages, aux lieux qu’il décrit (La Havane, Holguín, ville de naissance de Vidalina, Las Tunas et sa légende du chevalier décapité, Nueva Gerona, Cirat, Miami ...) une force et une humanité incroyable. Délectons nous aussi de quelques spécialités cubaines parsemées ici et là comme ces raviolis fourrés à la viande hachée et aux bananes plantain sur un lit de haricots noirs à la crème à s’en lécher les doigts.