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LA LANGUE DE PERSONNE

La langue de personne

Sema Kiliçkaya

Collas

  • par (Libraire)
    2 mai 2018

    Indispensable quête de soi

    Fatma s’est affranchie des siens il y a vingt-cinq ans pour devenir la femme qu’elle voulait être, aux Etats-Unis. Mais la maladie de son père l’oblige à rentrer en France, dans son HLM de toujours où elle retrouve sa mère, sa sœur Élif et toute la communauté turque, tous les gens de sa vie d’avant. Mais si la présence de chacun et le décor de banlieue tranquille n’ont pas changé, les mentalités ne sont plus du tout les mêmes et Fatma ne reconnait personne.
    En mettant en scène le retour aux origines de Fatma, Sema Kiliçkaya compare avec finesse la France des années 80 à celle d’après Charlie Hebdo. Véritablement prise au piège par toutes ses cultures – turque, française, américaine – son héroïne raconte comment elle s’est construit une identité, forcément parcellaire, obligatoirement composite. Plus que par les valeurs ou les non-dits de chaque civilisation, c’est avant tout par la langue que Fatma a interrogé le monde qui l’entourait, en décryptant les mots, leurs origines et leur sens et en essayant de comprendre ce que le langage véhicule. « « Les noms de lieux ne sont pas juste des noms au hasard, ils sont habités par des fantômes. Ils n’oublient pas ceux qui les ont foulés, façonnés. Ils sont la trace des peuples passés. Nous connaissons les mots sans les connaître vraiment ; ils sont à l’exemple de ces collègues ou de ces voisins que, pendant des années, nous nous contentons de côtoyer ». Mais la réflexion de Sema Kiliçkaya ne s’arrête pas aux mots et au langage, et son livre est lumineux, abordable, passionnant, érudit, avec une fin magnifique. Il FAUT lire La langue de personne.


  • 31 mars 2018

    Une écriture dense !

    Je ne connaissais pas du tout cette auteure et j'avais envie de découvrir quelque chose de différent de ce que je lis d'habitude. Le résumé m'a intrigué et la couverture du roman, qui disons-le ne dévoile pas grand chose a fait le reste, j'ai décidé de me plonger dans la nouveauté.
    La culture turque m'est complétement inconnue et j'ai découvert de nombreuses choses grâce à ce roman et je lirai avec plaisir les romans précédents, et les suivants, de Sema Kiliçkaya dont la plume est vraiment acérée. Chaque mot fait sens, rien n'est là pour faire joli, chaque propos fait mouche.
    Les personnages sont denses, convaincants et crédibles, leurs histoires sont passionnantes et j'ai eu du mal à me séparer d'eux. Le personnage de Fatma, uniquement nommée par son prénom une seule fois, est rebelle, on sent que sa quête d'identité, entre deux cultures, n'a pas été chose aisée et qu'aujourd'hui encore elle navigue sur un fil ne sachant de quel côté elle tombera. Le rejet de ses ancêtres, de ses racines, à cause du regard des autres, de l'ignorance fait mal.
    Ce roman est un hymne à la tolérance, à l'amour, il faut cultiver la richesse de la différence en s'apprivoisant, il n'y a rien de pire que le jugement.
    Beaucoup d'autres thèmes sont abordés, comme l'expatriation, l'adultère, la maladie, la mort, les violences conjugales... Ce roman de moins de 200 pages réussi le pari de parler justement de beaucoup de choses, sans entrer dans le cliché, et ouvre les yeux sur ce qu'est la pluri culturalité de la France. Le statut de la femme, sujet on ne peut plus d'actualité est aussi traité, même si ce n'est pas dans le détail et l'auteure nous démontre une fois encore qu'ensemble on est plus fort. La jeunesse peut être rédemptrice.
    J'ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman qui a réussi à m'émouvoir et aussi à me faire rire, en plus le personnage de Fatma est de ma génération , puisque beaucoup de ses références ont fait écho en moi.
    Il faut absolument lire ce roman, il est incontournable !!