Les Déraisons

Les Déraisons

Odile D'Oultremont

L'Observatoire

  • 26 mai 2018

    Dans ce premier roman, Odile D’Oultremont aborde la survenue du cancer de manière assez déconcertante, notamment pour le soignant que je suis. Soit.
    Entre situations grotesques ou mise à distance de la maladie, mon cœur balance, a balancé, et puis j’ai compris. On sent bien ou mène l’histoire, on sent aussi l’ambition probable de l’auteure qui est de ne pas traiter le sujet de façon triste. Pour cela il fallait à l’auteure, j’imagine, des personnages atypiques qu’elle fait vivre avec la précision du metteur en scène. Louise, son héroïne, fantasque, est donc un peu difficile à suivre, et son mari Adrien, un peu farfelu, sans envergure, ni chez lui ni à son travail. Ils jouent mal ou ils surjouent dirait-on s’il s’agissait d’un téléfilm !
    Alors on essaye d’en rire mais on voit bien que ça sonne faux parceque le cancer ne fait pas rire, quand le stade ultime est atteint.
    De façon plus originale Odile D’Oultremont aborde aussi le thème de l’amour dans un couple à travers le prisme de la maladie. C’est assez touchant.
    Outre quelques longueurs, certains regretteront que les grands sujets soulevés ne soient pas assez explorés (le vécu réel de la maladie par exemple ) mais c’est sans doute pour ne pas ternir l’histoire et laisser place au plaisir de lire.


  • 19 février 2018

    Comme un petit air de Bojangles

    220 pages de pur bonheur.
    Et pourtant, les deux sujets principaux traités sont dramatiques : la mise au placard dans une entreprise, et la mort d’un conjoint.
    Mais quelle écriture ! Quel ton !
    Adrien rencontre Louise, ils s’aiment, se marient. Mais quelques années plus tard, lors d’une restructuration de son entreprise, il se trouve relégué au fin fond d’un couloir, sans ordinateur, sans téléphone…..
    Au même moment, Louise tombe malade, cancer du poumon.
    Il décide alors de ne plus aller à son bureau inutile et de consacrer tout son temps à l’amour de sa vie.
    Louise est un personnage exceptionnel. Fantasque, inventive, bizarre, créatrice, folle, légère, à l’imaginaire débordant…..
    Elle nous entraîne à la suite d’Adrien, dans une vie loufoque et joyeuse, pleine de poésie et de chimères, malgré les métastases, malgré la mort imminente.
    Le désespoir est tenu en silence par l’humour et par l’amour.
    Elle joue avec les mots, nomme les objets, les fait vivre.
    Une aventure folle, et douce, et belle même si on sait qu’elle sera vouée à l’inéluctable.
    Dans cette folie douce initiée par Louise, on retrouve un peu la même ambiance que dans « En attendant Bojangles »
    On sourit, on rit, autant qu’on a envie de pleurer.
    C’est toujours un immense bonheur de découvrir un premier roman de cette qualité.
    L’écriture d’Odile d’Oultremont est tout simplement superbe.
    Elle a réussi à faire passer tout ce qu’elle voulait faire passer, avec un immense talent.
    Quel bonheur de tomber sur un livre de cette intensité.