Olivier H.

Histoire des libraires et de la librairie, De tous les commerces de textes et d'images, d'idées et de savoirs, de découvertes et d'imaginaires depuis l'antiquité jusqu'à nous jours

De tous les commerces de textes et d'images, d'idées et de savoirs, de découvertes et d'imaginaires depuis l'antiquité jusqu'à nous jours

Actes Sud

29,90
par (Libraire)
7 juin 2021

Une histoire passionnante des libraires et des librairies

Plusieurs histoires de la librairie ont été publié, dont la succulente « Petite histoire de la librairie
française » de Patricia Sorel paru cette année aux éditions La Fabrique. Mais il existait peu, sinon
aucune à ma connaissance d’histoire des libraires.
Jean-Yves Mollier, historien, spécialiste de l’histoire de l’édition, du livre et de la lecture, comble
cette lacune et nous comble par la même occasion en nous offrant « cette histoire des libraires et de
la librairie, de tous les commerces de textes et d’images, d’idées et de savoirs, de découvertes et
d’imaginaires, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours » édité en 2021 à l’Imprimerie Nationale dans
une très belle édition, agrémentée de documents et de gravures.
On y apprend que la librairie a une très longue histoire, vieille de plusieurs millénaires, que parmi les
premiers libraires, le librarius romain était un esclave chargé de copier les manuscrits qu’il mettait en
vente dans sa boutique. On y apprend aussi que les fonctions exercées par le libraire étaient
multiples : éditeur, imprimeur, colporteur, représentant. C’est à la fin du XVIII -ème siècle et l’époque
des lumières que le métier de libraire apparaît véritablement. Diderot publie en 1767 sa fameuse
« lettre sur le commerce de la librairie » qui est toujours à l’heure actuelle, le cœur de notre métier.
Comme en 1789, où la librairie explose (Art. 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen
» où tout citoyen peut parler, écrire et imprimer librement) on assiste à un monde en pleine mutation,
et disons-le clairement, les années actuelles, avec l’avènement du numérique ont quelque chose
d’identique.
S’il fallait retenir un événement majeur dans cette histoire, retenons cette loi fondamentale et
durable votée en 1981, la loi sur le prix unique du livre (appelée Loi Lang) dont on fête les 40 ans
cette année et qui a permis de préserver 3000 librairies indépendantes sur notre territoire.
Cette histoire se lit comme un roman (J.Y Mollier raconte), La France n’est pas non plus l’épicentre de
ce livre, l’Afrique, le Moyen-Orient ont aussi leur histoire propre.
Pour tout public,
« Une histoire des libraires et de la librairie » (titre dos de page) par Jean-Yves Mollier, Imprimerie
Nationale (diffusion Actes-Sud) 2021. 29,90€.

Ma vie extraordinaire
par (Libraire)
18 mai 2021

Benoit Duteurtre et Ma vie extraordinaire

Benoit Duteurtre est un auteur rare et atypique, qui publie tour à tour des romans dont la majeure partie constitue son autobiographie romanesque, et des chroniques, plutôt polémiques sur l’air du temps (la langue française, les motards, les smartphones, l’Europe, les bistrots...) Benoit D. aime à se définir comme « Insolent persifleur de l’ordre dominant ». Ses provocations font du bien car souvent frappés au coin du bon sens.
« Ma vie extraordinaire » est le récit « confessé » de la vie très contrasté du plus vosgien des écrivains parisiens. Depuis tout petit (ses 1an en 1961) Benoit D. nous relate ses vacances et ses nombreux séjours au Grand Valtin, petit village des Hautes-Vosges, où son grand oncle Albert et Rosemonde, sa Tatie des Vosges, l’accueillait en compagnie de sa sœur. Il y passe désormais une partie de sa vie.
« C’est pourquoi, je voudrais, dans les pages qui viennent, tenter d’appréhender, ce que fût réellement ma vie, de vingt ans à soixante ans, durant cette longue traversée qui a suivi mon apprentissage et précédé ma vieillesse »
Toujours aussi enjoué, un rien nostalgique. Il nous parle de l’enfance, de l’adolescence de ses bonheurs dans ses Vosges d’adoption. La nature (« l’enchantement de l’eau ») l’amitié, la musique (sa passion véritable), la famille... y sont présents comme jamais. Un regard émouvant sur sa vie passée, ses démons et ses vieilles dames (à vous de les découvrir).
Ce livre est un régal de senteurs, de découvertes, de mystères, de drôlerie, d’un pays qu’on ne veut plus quitter, les Vosges, « le pays plein de confiance de mon enfance » et d’un écrivain, formidable et talentueux.

Le démon de la colline aux loups
par (Libraire)
4 février 2021

Le démon de la colline aux loups

« Le Démon de la colline aux loups » Dimitri Rouchon-Borie, éditions le Tripode, janvier 2020
« La Colline aux loups c’est là que j’ai grandi et c’est ça que je vais vous raconter. Même si c’est pas une belle histoire c’est la mienne c’est comme ça ». Le ton est donné par son narrateur Duke, enfant maltraité par son père et sa mère et qui possède en lui le Démon, né de ces années passées dans cette maison : « Je suis comme un arbre pourri avec ses racines pour toujours dans le marais de l’enfance ». Duke, en prison, relate les faits dans son journal, aux côtés de ses amis codétenus, avec une langue expressive et sublime. Il faut bien çà pour digérer le récit qui nous amène à nous plonger dans l’horreur humaine mais avec un brin d’humanité pour ce jeune homme qui va à son tour commettre l’irréparable. L’école aurait pu lui permettre de s’en sortir, mais marqué au fer rouge, il est condamné d’avance. On avance dans cette lecture, comme happé par ces phrases, ces mots, qui disent l’émotion, les sentiments ambigus et sans réelle ponctuation, pour intensifier les propos.
Le Démon de la Colline aux Loups est un premier roman à croquer à pleines dents, à lire à voix haute, à relire, à partager. Le bien et le mal n’ont jamais aussi fait bon ménage.
A rapprocher de « Sukkwand Island » de David Vann (Galmeister) et de « La petite barbare » d’Astrid Manfredi (Pocket)
Son auteur Dimitri Rouchon-Borie est journaliste spécialisé dans la chronique judiciaire et le fait divers.
Olivier Huguenot

Nature humaine, Roman

Roman

Flammarion

21,00
par (Libraire)
26 novembre 2020

Jubilatoire Serge Joncour

Une histoire française de la fin du XXème, vue à travers la vie vécue d’Alexandre, jeune paysan. Un monde disparaît, un autre survient. A lire absolument. Olivier

Ce qu'il faut de nuit
16,90
par (Libraire)
22 août 2020

Un premier roman bouleversant...

Un premier roman étonnant par son style vif, ses phrases courtes et évocatrices et portées par un vocabulaire bien ajusté. Un roman émouvant par son histoire simple (pas si simple en définitive), celle d’un père et de ses deux fils, une histoire de famille, une histoire qui vous prend aux tripes, et qui ne vous lâche pas. On a la gorge nouée tout au long de la lecture. Une fiction qui décrit mieux qu’un long discours, ou un essai sociologique, la réalité sociale de certaines petites villes françaises. Les faits évoqués, dont on ne parlera pas pour laisser au lecteur le soin de la découverte, vont se précipiter tout au long de ce récit où l’auteur va tenter, et avec succès, de poser deux questions fondamentales : Comment l’irrémédiable se crée ? Et amener le lecteur à se demander : Qu’aurais-je fait ? Que ferais-je si cela devait arriver ?
Pas de leçon à donner, juste les faits.

Un roman à mettre aux côtés des ouvrages de Nicolas Mathieu et Annie Ernaux.

Laurent Petitmangin est né en 1965 en Lorraine au sein d’une famille de cheminots. Il est actuellement salarié d’Air France.
Il s’exprime ainsi à propos des livres :

« Pour moi, un livre, c’est un peu l’équivalent d’une cabane d’enfant. Quand j’étais petit, j’avais des amis qui savaient faire des choses incroyables de leur mains, en bois, en fer. Moi, non. Pas par manque de patience ni manque d’imagination, mais simplement parce que j’en étais incapable. Ecrire, ça, j’y arrivais. J’arrivais à construire. L’histoire venait. Il y a un côté très chaud, très enveloppant à une histoire qu’on commence à façonner, cela devient un peu notre cabane, avec nos mots, nos secrets »