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Elizabeth P.

Personne n’a peur des gens qui sourient
11 juin 2020

Etrange mais attachante cette Gloria.
Peu de monde dans sa vie :
ses deux filles
son mari décédé
oncle Gio
l’avocat de son père.
Voilà son univers.
Elle semble un peu bipolaire, mais elle a un tempérament exceptionnel Gloria.
Aimante, farouche, déterminée.
Quelque chose la menace, elle fuit avec ses filles.
L’histoire est simple et complexe à la fois.
Suspense de bout en bout
.Plus que l’histoire, c’est la construction du récit qui est remarquable.
Retours en arrière.
On avance par petites touches.
Les questions demeurent.
Tout est fin, subtil.
Véronique Ovaldé se révèle encore une fois une excellente romancière

Là où chantent les écrevisses
11 juin 2020

Mais quelle belle histoire !
4 000 000 de lecteurs conquis.
Je me suis dit, c’est trop, ça doit être commercial.
Et bien, je suis la 4 000 001ème lectrice conquise.
Quand Kya eut sept ans, sa mère est partie, puis ses frères et ses sœurs, puis son père.
Si bien qu’à dix ans, elle se retrouve seule dans un semblant de maison au cœur des marais.
Elle apprend à se débrouiller seule.
C’est très émouvant.
Osmose totale avec la nature.
Elle ne connaît que trois personnes :
Tate, un jeune garçon qui lui apprend à lire
Jumping, un vieux noir à qui elle vend des moules pour survivre
La femme de Jumping, qui lui donne des vêtements.
Le reste du village la rejette.
Pour eux, elle est la va-nu-pieds, la « fille des marais »
Quelle force habite cette petite fille qui deviendra une femme blessée et farouche, mais célèbre.
Quelle emprise sur elle-même pour vivre une telle vie de solitude.
C’est franchement magnifique.
En plus, l’écriture est belle, limpide.
J’ai été sous le charme du début à la fin.
Je ne sais pas quoi dire de plus ; les qualificatifs me manquent.

JE NE VEUX PAS ETRE JOLIE

Perineau Fabienne

Plon

18,00
11 juin 2020

Giorgia est une jeune femme aimante mais révoltée, à vif.
Elle aime tendrement ses deux enfants, passionnément son amoureux, énormément son travail.
Mais en elle, une grande colère est tapie.
Contre qui ?
Sa mère vient de mourir et remontent en elle les souvenirs de l’été de ses huit ans.
Que s’est-il passé ?
Elle en veut terriblement à sa mère, à sa famille.
Mais de quoi ?
J’ai beaucoup aimé Georgia, sa souffrance, sa force de vie.
Elle mène son combat seule, envers et contre tout.
C’est bien écrit
C’est bien construit.
C’est émouvant, poignant.
Les réponses à nos questions ne viennent qu’en fin de livre.

AVEC UN PEU DE CHANCE, TOUT IRA BIEN

De Jovilliers Denys

Librinova

16,90
1 juin 2020

Une parodie désopilante du pouvoir corrompu et de ses abus.
Avec une imagination débridée, l’auteur nous dépeint un monde absurde et déjanté.
C’est pétillant et drôle.
On pense à Ubu roi, à la Ferme des Animaux, à Boris Vian….
Mais on a affaire à une œuvre bien personnelle.
C’est très bien écrit, amusant, poétique, farfelu.
Derrière cette énorme farce, on ne peut s’empêcher de penser à la politique de notre monde, et là, c’est un peu moins drôle..
Bien que ce ne soit pas mon genre de lecture de prédilection, j’ai passé un excellent moment.

Le coeur blanc
8 mai 2020

Un récit dérangeant dont la teneur et la forme m’ont fait passer par divers sentiments : longueur, confusion, intérêt, agacement, compassion...
Catherine Poulain fut une de ces saisonniers dont elle nous relate l’histoire avec passion.
« C’est la fête des saisonniers, les purs, les durs, les crados et les rebelles, français espagnols portugais, hollandais anglais ou belges…. Fils de paysans, d’ouvriers, fils de bourgeois ou fils de rien, enfants de la route ou de l’errance. »
Histoire romancée, bien certainement, mais écrite avec son expérience et ses souvenirs.
Il ya les saisonniers d’un été et puis les saisonniers professionnels qui reviennent d’année en année au même endroit et forment une communauté plus ou moins bien intégrée à la population.
Il ya toutes sortes d’individus.
Des pessimistes, des optimistes, des paumés, des étrangers……..
Tous plus ou moins shootés ou alcooliques, se retrouvant chaque soir dans les bars pour éponger leur chaude journée de labeur.
« Tout ça m’a traversé comme une vérité alors que je lançais un fruit difforme dans la caisse à mes pieds ? C’était moi que je jetais. C’était nous. Nous qui finirions dans des cabanons pourris, qui mourrions dans le feu de l’été ou la solitude de l’hiver, dans le travail et dans l’alcool. Ceux dont on ne veut pas dans les douches du camping, des fois qu’on contaminerait le site ou que ça fasse trop mauvais effet pour les touristes, que l’on renvoie au lavoir, crade, avec des boites de Née-Codion défoncées, les canettes vides et les bouteilles de margnat-village éclatées, c’est vrai qu’ils peuvent nous traiter de drogués et d’alcoolos les gens du village quand on voit comment y en a qui laissent le lavoir, oh je sais plus tiens, qui a tort qui a raison, et est-ce que ce n’est pas juste un malentendu - en attendant on est le rebut. »
Il y a amitiés, des tensions, de la violence…..
Le récit est mené par deux personnages principaux.
Rosalinde, jeune femme allemande dont on parle à la troisième personne.
Mouna, jeune algérienne qui parle à la première personne
C’est un roman violent où la poésie côtoie le désespoir, d’une plume précise se incisive comme l’est la nature, comme le sont les hommes.
L’écriture en elle-même retranscrit l’ambiance.
La longueur, la lenteur, la confusion, la douceur, la répétition, la violence…… sont représentés dans un style compact, cadencé, qui tourne en rond comme l’espoir et le désespoir de tous ces saisonniers.
Même si la lecture peut parfois sembler longue, difficile, embrouillée, interminable…. je suis impressionnée par la majesté de l’écriture.