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Elizabeth P.

Africville, Jeffrey Colvin, la nouvelle voix de la littérature afro-américaine

Jeffrey Colvin, la nouvelle voix de la littérature afro-américaine

HarperCollins

20,00
1 septembre 2020

De 1930 à 1980, de Kath Ella à Warner, trois générations tentent de vivre leur vie.
Refoulant ou recherchant leurs origines, ils renient ou revendiquent leur part de négritude.
Africville ? C’était un quartier de Nouvelle-Écosse au Canada où vivaient d’anciens esclaves, à la base Jamaïcains.
J’aime beaucoup ces livres où je découvre une histoire vraie où se mêle une fiction captivante.
Il y a trois récits.
Celui de Kath Ella qui m’a vraiment plu. Son parcours est courageux, sa personnalité attachante.
Celui d’Étienne, son fils, que j’ai trouvé un peu moins chaleureux.
Celui de Warner, son petit-fils, qui est attendrissant et touchant dans sa quête familiale.
Et une multitude d’autres personnages dont Zera, l’incroyable arrière-grand-mère.
Même si j’ai trouvé que c’était long à lire, ce roman est un magnifique témoignage d’une minorité peu considérée.
Il soulève avec tact le problème des origines et des racines.
L’auteur a fait un formidable travail de recherche et a su inventer une très belle saga.
Le type même de livre qui reste en mémoire.

Carnaval

Mathis, Hector

Buchet-Chastel

16,00
31 août 2020

On retrouve Sitam (Mathis ?), le héros de K.O..
Il revient sur sa jeunesse et son groupe d’amis, dans sa banlieue d’origine, la grisâtre.
Est-ce ce que l’on nomme une préquelle ? (mot que j’ai appris récemment et que je suis fière de caser)
Je n’ai hélas pas retrouvé la magie du premier roman que j’avais énormément apprécié.
Moins de musicalité, moins de poésie.
C’est assez sombre, pessimiste.
On en ressort amer, même si l’amitié des personnages perdure au-delà de la jeunesse.
Il n’y a pas vraiment d’intrigue.
Juste une jeunesse jetée en vrac au lecteur.
C’est une écriture parlée, aux expressions choc, directes .
Je pense que j’aurais préféré Carnaval si je n’avais pas lu K.O. que j’avais trouvé tellement abouti.
J’ai eu ici une impression de "rajoutis", il n’y avait plus la surprise d’une belle découverte.

1, Le Pays des autres
27 juillet 2020

En 1944 à Mulhouse, Mathilde épouse Amine. Ils partent au Maroc dans une ferme isolée.
Ils auront deux enfants.
Dix ans plus tard, des affrontements violents opposent Marocains et Français.
Entre Mathilde et Amine, s’il y a bien des différends, il y a aussi beaucoup d’amour et d’admiration.
Mathilde est une femme forte, déterminée.
Amine est obstinément courageux et volontaire.
J’ai eu le sentiment de vivre un moment au Maroc avec eux.
C‘est vraiment un très beau roman.
Tous les sentiments sont parfaitement rendus.
L’atmosphère évolue au gré des évènements.
L’écriture est simple et belle.
C’est une belle démonstration des ravages du racisme.
Pour nombre de personnes amenées à s’exiler pour une raison ou une autre, il arrive un moment où il est bien difficile de savoir où se sentir dans son pays.
Je ne sais pas quelle réticence incompréhensible ne me poussait pas vers ce livre.
Comme quoi il faut se méfier de ses préjugés.

Les soeurs aux yeux bleus
21 juillet 2020

Quel bonheur à chaque fois renouvelé que de lire Marie Sizun.
On retrouve ici les personnages de La Gouvernante suédoise
Monsieur Sezeneau se retrouve seul avec ses cinq enfants.
Il va envoyer les deux garçons au Prytanée et emmener ses trois filles quelques années à Saint Peterboroug, avant de revenir en France.
C’est un peu grandeur et décadence.
Alice n’est qu’un bébé au début de l’histoire qui se termine quand elle en a plus de soixante.
Quelle existence triste et lourde pour ces trois sœurs devenues adultes, elles auront du mal à se débarrasser de l’emprise de ce père austère que pourtant elle adorent.
Il ne m’est décidément pas sympathique du tout ce Monsieur Sezeneau.
L’écriture coule de source. C’est très agréable à lire.
Et pourtant, de décennies en décennies, la vie des trois sœurs semble toujours aussi pesante et oppressante.
Il se dégage une impression étouffante de ces existences bouleversées depuis l’enfance.
Mais que tout est bien décrit !

Dernier été
21 juillet 2020

C’est très très contemporain : coronavirus, réchauffement climatique, manifestations diverses, perte de libertés, attentats…
Mais c’est dans environ dix ans.
À Marseille, Diane, divorcée, libre et affranchie, tombe sous le charme d’Antoine Bradsock, un écrivain vieillissant qui a pas mal de points communs avec l’auteur.
C’est une satire de notre société et de ses dérives bien enlevée et pleine d’humour.
C’est à peine outré.
Bien que tout ne soit pas rose, loin de là, je me suis beaucoup amusée à cette lecture.
On y retrouve beaucoup de personnages actuels, comme Houellebecq ou Edwy Plenel et bien d’autres encore. C’est truffé de noms d’écrivains.
Une vision du futur proche qui peut sembler féroce mais qui n’est pas si loin d’une possible réalité.
Outre la philosophie et l’humour qui émanent de ce livre, j’ai beaucoup aimé aussi l’écriture et le style.